S.E. Maître Abdoulaye WADE - L’ouverture de la Troisième Conférence KMA - KMAfrica2009 Opening Speech (in french) 4-May-2009
PROJET
Allocution de
S.E. Maître Abdoulaye WADE
A
L’ouverture de la Troisième Conférence KMA
Sur
«La Gestion des Connaissances pour Repositionner l’Afrique dans l’Economie Mondiale»
DAKAR, SENEGAL, le 4 Mai 2009
Monsieur le Président,
Excellences Mesdames Messieurs les Ministres et Chefs de Délégation,
Excellences Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques et Consulaires,
Professeur Souleymane NIANG, Président de l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du SENEGAL,
Dr. Lulu GWAGWA, Président du Conseil de Direction de KMA
Monsieur Paul Balayi, Directeur Général de la Banque de Développement de l’Afrique Australe,
Mr. Amadou Makhtar MBOW, ancien Directeur Général de l’UNESCO et invité d’honneur de cette Conférence,
Monsieur le Directeur Exécutif du Centre Régional Africain de Technologie (CRAT),
Mr Mohamed H’MIDOUCHE, Directeur Régional de la Banque Africaine de Développement
Eminents Membres de l’Académie des Sciences et Techniques du SENEGAL,
Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,
Mesdames, Messieurs les Participants,
Distingués Invités,
Mesdames, Messieurs,
Permettez-moi tout d’abord de souhaite la bienvenue à nos hôtes Sud-africains et à tous ceux qui, venus d’horizons divers, décideurs politiques, scientifiques engagés dans la réflexion et la recherche pour un monde meilleur, universitaires et hommes d’affaires, mais également aux membres de la Société civile et autres acteurs non-gouvernementaux.
Vous êtes tous à DAKAR pour réfléchir et échanger sur la Place de l’Afrique dans le monde et dans l’économie mondiale en particulier vos assises vont se dérouler dans un contexte où tous nos pays, pays en développement comme pays riches sont à la croisée des chemins. Cet environnement est, certes, marqué par la crise multidimensionnelle que nous vivons aux plans financier, énergétique, alimentaire et sanitaire, mais également par des mutations formidables encore inachevées ; ces mutations sont dominées par l’émergence de l’économie du savoir en particulier et elle sont porteuses de grands espoirs ; votre Conférence vient donc à son heure et soyez en remerciés.
Mes remerciements vont, bien entendu aux Co-organisateurs de ces importantes assises, notamment à la Banque de Développement de l’Afrique Australe (DBSA), au Centre Régional Africain de Technologie (CRAT) et à l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal (ANSTS) ainsi qu’à la Banque Africaine de Développement (BAD) qui leur a apporté son soutien.
L’initiative «KMA», Gestion Des Connaissances Pour Le Développement De l’Afrique, s’inscrit résolument dans le cadre des efforts en cours pour l’avènement de la Renaissance de l’Afrique et dont l’Afrique du Sud et le Sénégal partagent le leadership.
Monsieur le Président
Excellences,
Distingués Participants,
Mesdames et Messieurs,
Le thème de cette Conférence est d’une actualité brûlante pour deux raisons :
- Il y a une prise de conscience, sans précédent, en Afrique que seules des mutations structurelles décisives peuvent tirer nos économies de la léthargie et nos populations de la pauvreté. Ces mutations exigent une rupture d’avec le modèle d’économies de rente extravie, et appellent à des changements profonds dans les relations économiques internationales, notamment dans la manière dont les biens et services sont produits et échangés et dans les flux financiers relatifs aux investissements et à l’aide publique au développement.
- La deuxième raison de l’actualité du thème de cette Conférence, c’est, comme vous pouvez l’imaginer, les progrès d’une ampleur sans précédent réalisés dans les domaines de la recherche et des innovations technologiques, notamment dans la biotechnologie, les Technologies de l’Information et de la Communication et dans d’autres Technologies de Pointe telles que les nanotechnologies, les Technologies de synthèse des nouveaux matériaux, les énergies nouvelles et renouvelables et celles des technologies de l’espace et le nucléaire, entre autres ; le potentiel des applications de ces technologies qui sont à notre portée peut largement contribuer à la solution des problèmes essentiels auxquels nous faisons face et qui ont pour noms les déficits énergétiques et alimentaires, l’indigence de nos systèmes sanitaires eu égard au VIH SIDA, à la malaria et à Tuberculose et autres maladies aux effets tout aussi dévastateurs ; il en est de même des demandes considérables auxquelles nous faisons face en matière d’éducation et de formations professionnelles de tout genre ; ces dernières requièrent beaucoup d’imagination et d’innovations quant aux modes de transmission du savoir et des connaissances, y compris celle du « savoir être » et du « « savoir faire ». D’autres formes de télé-enseignement dont les campus virtuels restent à imaginer pour continuer les Progrès dans ce domaine.
- A cette étape dans mon propos, je voudrais saluer l’initiative prise par le Centre Régional Africain de Technologie et qui avait mené, il y a deux ans à la tenue du FEST, le Forum sur les Technologies de Pointe au Service du Développement, tenu à Accra, au Ghana en Avril 2006.
Ce forum devrait être institutionnalisé et les scientifiques de la diaspora africaine devraient continuer à y jouer un rôle important. Voila une raison pour nous de renforcer le CRAT et le lui faire jouer un rôle dans le développement, l’acquisition, le transfert et l’utilisation effective de ces Technologies.
Monsieur le Président
Distingués participants
Honorables invités
Nombreux sont, parmi les personnes ressources à cette conférence qui nous parleront du rôle marginal de l’Afrique dans l’économie mondiale, de notre participation au commerce international et à la Production industrielle qui ne dépasse guère les 2%, de l’insuffisance de nos infrastructures de Transport et de télécommunication, de l’insuffisance de notre contribution au contenu quant à l’utilisation des NTIC’s… Toutes choses qui justifient la nécessité de « Repositionner l’Afrique dans l’Economie Mondiale ».
Pour bon nombre d’experts, la solution à nos problèmes réside dans l’ouverture de nos économies au reste du monde, au renoncement à toute forme de protection. Cette prescription est souvent présentée comme une panacée. Mes convictions de libéral ne m’empêchent cependant pas d’appeler à plus de lucidité dans ce domaine, notamment à la nécessaire conciliation entre les dimensions endogène du développement et l’ouverture voire la globalisation. Je crois fermement que « l’enracinement » dans nos cultures et le développement endogène sont indispensables à une participation efficace de l’Afrique dans l’économie mondiale. Le débat sur l’opposition entre modèles endogènes de développement et modèles de développement extravertis devrait, à mon humble avis, être dépassé.
L’Afrique a besoin de se doter de capacités humaines, institutionnelles et infrastructurelles fortes pour mieux contribuer à l’économie mondiale ; Elle doit accélérer l’exploration et l’exploitation de ses abondantes ressources naturelles, augmenter leur valeur ajoutée et mieux maîtriser les chaînes de Transport et de Transit sur le continent pour être un acteur significatif dans le commerce international.
Il est heureux de constater que la quasi-totalité de nos partenaires des pays développés (de l’Union Européenne, au Japon, du Canada aux Etats-Unis et bien d’autres) ont pris conscience de la nécessité pour l’Afrique de se doter de réseaux d’infrastructures de Transport et Communications denses et d’accroître sa production d’énergie. Avec les délocalisations et les mutations en cours vers d’avantage d’économie du savoir dans les pays riches, cette prise de conscience devrait s’étendre à l’acceptation de la création et/ou du transfert des chaînes de Transformation de matières premières vers l’Afrique ; ils permettraient ainsi une contribution plus significative et plus positive de l’Afrique à la valeur ajoutée et donc à la production industrielle mondiale.
La récente crise alimentaire mondiale milite pour le développement d’une agriculture africaine capable d’assurer la sécurité alimentaire de nos populations ; nos partenaires au développement sont maintenant prêts à accepter cette exigence et à tolérer la protection sélective nécessaire de certaines de nos productions. C’est le sens de la Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’abondance, (GOANA) que nous avons lancée dans ce pays et dont la première Phase a atteint ses objectifs.
KMA devrait donc rester saisie des impératifs du développement endogène et local, conditions nécessaires à une intégration efficace d’une Afrique en quête de repositionnement dans l’économie mondiale. Il est heureux de noter que les conférences biennales de l’Initiative qui ont eu lieu à Johannesburg pour KMA I et Nairobi pour KMA II ont posé des jalons importants dans ce sens. C’est le lieu de féliciter la Direction Générale de la DBSA pour son leadership, sa clairvoyance et sa détermination et de louer ses divers partenaires pour leur engagement.
KMA I a été surtout une occasion pour lancer l’initiative et pour circonscrire son contenu au plan des principes, KMA II a mis l’ accent sur les défis du développement ; KMA III devrait faire le lien entre ces défis et la globalisation et jeter les bases solides pour sa pérennisation et son ancrage aux niveaux national, sous régional et régional.
L’idée d’une Fondation KMA, sous l’égide la DBSA et du NEPAD devrait faire l’objet d’une réflexion approfondie en vue de la mise en place d’un mécanisme efficace de coordination avec des fonds de dotation pour le financement des Centres régionaux d’excellence. Ce mécanisme devrait tirer partie d’autres initiatives tels que le Fonds Numérique que nous avons mis en place pour mobiliser des ressources en vue de combler le fossé numérique entre l’Afrique et le monde développé.
L’atteinte des objectifs de KMA passe par un Processus de résautage dynamique, une utilisation efficace des Technologies de l’Information et des Communications et la création de contenus à échanger, ces contenus requièrent une collecte efficace des données Technologiques pertinentes y compris celles relatives aux connaissances indigènes, des informations, des rapports et des études susceptibles de contribuer à la maîtrise des connaissances pour le développement socio-économique de nos pays.
- Monsieur le Président,
- Distingués participants
Je voudrais terminer mon propos en vous remerciant et en assurant les parties prenantes de KMA de notre soutien et de notre engagement et en les encourageant à faire de cette initiative une réussite.
Je déclare ouverte la Troisième Conférence KMA sur la « Gestion des Connaissances pour Repositionner l’Afrique dans l’Economie Mondiale » et je souhaite plein succès à vos travaux.
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